En France, l’indemnité d’un maire adjoint peut passer du simple au triple selon la taille de la commune, même pour des responsabilités similaires. Un élu d’une commune de moins de 500 habitants touche parfois moins de 200 euros par mois, tandis que son homologue d’une ville de plus de 100 000 habitants peut dépasser les 2 000 euros mensuels.
Les montants, fixés par la loi mais modulables par le conseil municipal, évoluent à chaque mandat et connaissent des révisions à l’approche des élections. Les différences s’accentuent avec les revalorisations prévues pour 2025 et 2026.
Comprendre les indemnités des maires adjoints : barèmes, règles et évolutions prévues en 2025-2026
Le système des indemnités de fonction des maires adjoints répond à un cadre bien précis : le code général des collectivités territoriales. Le montant attribué dépend toujours du nombre d’habitants, du rang dans l’exécutif municipal et du vote du conseil. L’indemnité brute, chaque mois, s’appuie sur l’indice brut terminal de la fonction publique, tout en respectant un plafond légal qui n’admet guère d’exceptions.
Pour se repérer, la réglementation distingue des seuils démographiques. Voici les plafonds mensuels pour un adjoint au maire en 2024, selon la taille de la commune :
- 250,73 euros mensuels dans une commune de moins de 500 habitants,
- 1 000,88 euros pour une ville de 10 000 à 19 999 habitants,
- jusqu’à 2 006,93 euros dans une commune de plus de 100 000 habitants.
Le conseil municipal dispose d’une marge de manœuvre pour revoir ces montants, parfois à la baisse, en fonction des priorités politiques ou des impératifs financiers locaux. Par ailleurs, la cumulabilité des indemnités avec d’autres mandats électifs est strictement encadrée pour éviter tout excès.
Ce qui change en 2025-2026
Le cadre législatif va évoluer : une revalorisation progressive des indemnités des élus locaux est actée pour les prochaines années. Cette hausse, promise dans la réforme du statut de l’élu, concerne tous les maillons de la chaîne, mais cible en priorité les petites et moyennes communes. Le but affiché : mieux reconnaître l’engagement des élus municipaux, sans mettre à mal les finances locales. Les nouveaux montants seront connus après publication des décrets d’application et dépendront aussi des choix opérés par chaque conseil municipal, dans un contexte électoral tendu.
Petites communes, grandes villes : comment la taille de la commune façonne le montant des indemnités ?
Sur le terrain, un simple changement d’échelle démographique bouleverse le montant des indemnités versées aux maires adjoints. Plus la population grimpe, plus le plafond légal s’élargit. À l’autre extrême, dans les villages de moins de 500 habitants, la fonction s’apparente presque à du bénévolat : 250,73 euros bruts par mois pour un adjoint en 2024. Le terme « salaire » paraît ici bien optimiste, tant la rémunération reste modeste face à des responsabilités bien réelles. Loin de se limiter à quelques signatures, l’élu local intervient sur tous les sujets, de la gestion du patrimoine communal à l’animation des associations.
Le contraste devient frappant dès que la commune atteint 10 000 habitants. Le plafond bondit : 1 000,88 euros pour un adjoint en zone urbaine, et parfois plus si le conseil municipal opte pour une répartition différente. Dans les grandes villes dépassant les 100 000 habitants, le maximum atteint 2 006,93 euros. Cette progression reflète la densité des dossiers à traiter et la complexité administrative qui accompagne la croissance démographique. Rien de comparable avec la polyvalence d’un élu rural qui navigue souvent à vue, faute de moyens.
Tout cela reste suspendu à la décision du conseil municipal, qui peut revoir les indemnités à la baisse selon les contraintes budgétaires du moment. La répartition des indemnités doit aussi intégrer le nombre d’adjoints, fixé par la loi en fonction de la population. En pratique, ce n’est pas seulement la rémunération qui évolue avec la taille de la commune, mais aussi l’étendue des missions et la visibilité de l’élu. À la tête d’une grande ville, un maire-adjoint pilote des dossiers majeurs et s’expose publiquement, là où son homologue de village doit souvent composer avec des ressources limitées et une discrétion de tous les instants.
Entre grandes métropoles et petites communes, la vie d’adjoint ne se ressemble jamais vraiment. L’écart se lit dans la fiche de paie, mais aussi dans la réalité quotidienne d’une fonction où l’engagement ne se mesure pas qu’en euros.


