Le taux horaire du Smic ne change pas selon la nature du contrat. Un salarié en CDI et un salarié en CDD à 25 heures hebdomadaires perçoivent exactement le même salaire mensuel net de base. La différence de revenu entre ces deux statuts se joue ailleurs : primes de fin de contrat, accès aux dispositifs d’entreprise et droits à l’assurance chômage entre deux missions.
Cotisations et bulletin de paie à 25 h : ce qui varie réellement entre CDI et CDD
Sur le bulletin de paie, les lignes de cotisations sociales salariales (CSG, CRDS, retraite complémentaire, assurance chômage) sont identiques pour un CDI et un CDD au Smic. Le taux horaire brut depuis le 1er juin 2026 est fixé à 12,31 euros brut de l’heure, soit 9,74 euros net. Pour 25 heures par semaine, la mensualisation donne 108,33 heures par mois (25 x 52 / 12).
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Le salaire brut mensuel s’établit donc à 1 333,54 euros, et le salaire net mensuel au Smic 25 h tourne autour de 1 055 euros après déduction des cotisations standard. Ce montant est strictement le même en CDI et en CDD, toutes choses égales par ailleurs.
Nous observons que la confusion fréquente provient d’une lecture incomplète de la fiche de paie. Certains employeurs appliquent des taux de prévoyance ou de mutuelle différents selon le type de contrat, mais ces écarts relèvent de la politique d’entreprise, pas du cadre légal du Smic.
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Prime de précarité en CDD : le vrai écart de revenu brut sur la durée du contrat
La prime de précarité de 10 % de la rémunération brute totale versée en fin de CDD constitue le premier facteur de divergence. Pour un CDD de six mois à 25 heures au Smic, cette prime représente environ un mois de salaire brut supplémentaire, rapporté à la durée du contrat.
À cette prime s’ajoute l’indemnité compensatrice de congés payés, souvent calculée à 10 % du brut total perçu pendant le contrat. En combinant ces deux mécanismes, un CDD à 25 h rémunéré au Smic génère un revenu brut global supérieur d’au moins 20 % par rapport au CDI sur la même période, à taux horaire et volume d’heures identiques.
Cas d’exonération de la prime de précarité
La prime n’est pas due dans tous les cas. Sont exonérés notamment :
- Les CDD saisonniers et les contrats d’usage pour lesquels la convention collective prévoit explicitement l’absence de prime de précarité
- Les CDD conclus avec un jeune pendant ses vacances scolaires ou universitaires
- Les CDD qui débouchent sur une embauche en CDI chez le même employeur, sans interruption
Hors ces exceptions, la prime reste un avantage mécanique du CDD que le CDI ne compense pas directement.
Smic 25 h et assurance chômage : le revenu annuel en parcours discontinu
Un salarié en CDI à 25 heures qui reste en poste ne perçoit aucune allocation entre ses périodes de travail, puisqu’il n’y a pas de rupture. Un salarié en CDD qui enchaîne les contrats avec des périodes d’inter-contrat peut, lui, mobiliser ses droits à l’assurance chômage.
Depuis la réforme de l’assurance chômage de février 2023, toujours en vigueur en 2026, l’allocation chômage est calculée sur la moyenne des salaires des 24 derniers mois. Pour un profil qui alterne CDD de quelques mois au Smic 25 h, l’allocation journalière reste modeste, mais elle comble partiellement les périodes creuses.
Sur une année complète, nous observons que ce mécanisme peut créer un écart de revenu disponible annuel en défaveur du CDI dans certains parcours discontinus. Le salarié en CDI perçoit douze mois de salaire net. Le salarié en CDD perçoit, par exemple, neuf mois de salaire net majorés de la prime de précarité, plus trois mois d’allocations chômage partielles.
Limites de ce calcul
Ce raisonnement suppose que le salarié en CDD retrouve effectivement un contrat après chaque période d’inactivité. Les frais liés à la recherche d’emploi, le stress de la discontinuité et l’absence de progression salariale dans l’entreprise ne se chiffrent pas sur un bulletin de paie, mais pèsent sur le revenu réel à moyen terme.
Primes d’entreprise et ancienneté au Smic 25 h en CDI
Les dispositifs comme la prime de partage de la valeur (PPV) ou les accords d’intéressement sont fréquemment réservés aux salariés présents à une date de référence ou justifiant d’une ancienneté minimale. Un salarié en CDI à 25 heures y accède plus facilement qu’un CDD de passage.
Concrètement, la PPV peut atteindre plusieurs centaines d’euros nets par an, exonérée de cotisations sociales sous certains plafonds. Pour un salarié au Smic 25 h, ce complément fait basculer la comparaison :
- Le CDI bénéficie de primes récurrentes (PPV, intéressement, participation) qui augmentent avec l’ancienneté
- Le CDI accède à la mutuelle d’entreprise, souvent plus avantageuse que la couverture individuelle du salarié en CDD court
- Le CDI capitalise des droits à la formation (CPF) de manière continue, ce qui constitue un revenu différé non négligeable
Un CDD de trois mois ne déclenche généralement aucun de ces dispositifs. Sur un horizon de deux à trois ans, le CDI au Smic 25 h rattrape et dépasse le CDD en revenu global, à condition que l’entreprise dispose de ces mécanismes.

Tableau comparatif CDI et CDD au Smic net 25 h en 2026
| Poste | CDI 25 h (Smic) | CDD 25 h (Smic) |
|---|---|---|
| Salaire net mensuel de base | Environ 1 055 euros | Environ 1 055 euros |
| Prime de précarité (fin de contrat) | Aucune | 10 % du brut total |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Congés pris en cours de contrat | Environ 10 % du brut total |
| Accès PPV / intéressement | Oui (selon ancienneté) | Rarement éligible |
| Droits chômage entre contrats | Non applicable | Oui (sous conditions) |
La lecture de ce tableau confirme que le CDD offre un avantage brut immédiat, tandis que le CDI génère un revenu supérieur sur la durée. Le choix entre les deux dépend du horizon de comparaison retenu et de la politique sociale de l’employeur. Un salarié au Smic 25 h qui hésite entre un CDD renouvelé et un CDI a intérêt à vérifier si l’entreprise verse une PPV et applique un accord d’intéressement avant de trancher.

